Le cheminement de conscience : le voyage de l’être vers lui-même
- Marifet Kendini Bilmek
- Dec 20, 2025
- 3 min read
Sur le Chemin de la Conscience
L’être humain ne change pas en un seul jour ; il passe d’un état à un autre.
Dans le soufisme, ces passages sont appelés maqâm ou manzil — des stations, des étapes intérieures.
Ce cheminement de conscience décrit le voyage intérieur de l’être humain, tel qu’il est compris dans le soufisme et la numérologie.

En numérologie, ces transitions sont murmuréespar le langage des nombres.
Chez İnsan-ı Marifet,les nombres ne disent pas ce qui va arriver,mais où nous en sommes.
1 — Le Point de l’Être | « Je suis ici »
Le chemin humain ne commence pas par une affirmation.Il commence par une reconnaissance.
Le 1 n’est pas l’ego.Le 1 est un état d’êtrequi n’a pas encore appris à se défendre.
Comme un nouveau-né.Il ne s’explique pas.Il est.
Dans la compréhension soufie,c’est l’état du témoignageavant même que le mot « je » ne soit prononcé.
Ici, il n’y a rien à prouver.Il n’y a que le souffle.
2 — L’Éveil du Cœur | Ressenti
Lorsque l’existence est reconnue,la première réponse est de ressentir.
Le 2 est l’ouverture du cœur.Joie, vulnérabilité, élan intérieur.
À ce stade, l’être réalise doucement :« Je ne suis pas seul. »
Il n’y a pas encore de sens.Seulement le contact.
Comme tomber amoureux pour la première fois…On ne sait pas pourquoi,mais le cœur se met en mouvement.
3 — La Voix de l’Esprit | Quête de Sens
Quand le cœur ressent,l’esprit entre en scène.C’est là que le 3 se déploie.
On cherche à expliquer :
À soi-même
Aux autres
À la vie
Les pensées se multiplient.Les questions augmentent.
Dans la tradition soufie,c’est l’esprit qui interprète le cœur.
Mais parfois,on se perd en voulant expliquer ce que l’on ressent.
4 — L’Épreuve du Monde | Porter
Ressentir ne suffit plus.Comprendre ne suffit plus.
La vie répond alors :« Peux-tu vivre cela ? »
Le 4 est la porte du corps et du temps :
Se lever chaque matin
Continuer ce qui a été commencé
Porter des responsabilités
Endurer
Dans le soufisme,c’est ici que commencela discipline du nafs.
Tout le monde se fatigue à cette porte.
5 — Le Point de Rupture | Réaction
Lorsque la charge augmente,la véritable identité de l’être apparaît.Le 5 se fait sentir précisément à ce moment de rupture.
Ce n’est pas une épreuve.C’est un champ de réflexes.
Sous la pression, que fais-tu ?
Fuis-tu ?
Te durcis-tu ?
Te figes-tu ?
Ou restes-tu dans le flux ?
Les traumatismes s’installent ici,car la conscience se retire momentanément.
Dans le langage soufi, cet état est décrit ainsi :
« Le nafs entre en mode de protection. »
6 — Lien et Charge | Amour ou Attachement ?
Après le 5,on se détache ou l’on s’attache.
Le 6 est la porte du lien.
Il devient famille.Il devient partenaire.Il devient responsabilité.
Mais une ligne subtile apparaît :
Portes-tu de l’amour ?
Ou portes-tu un poids ?
À cette porte, le soufisme demande :« Aimes-tu — ou t’accroches-tu ? »
7 — Retour Intérieur | Silence
À un certain point,l’être atteint la satiété.
La parole diminue.Le besoin de s’expliquer se dissout de lui-même.
Le 7 arrive.
Ce n’est pas la solitude.C’est une amitié avec le silence.
Pour la première fois, l’être observe :
Ses émotions
Ses réactions
Ses attachements
Dans la compréhension soufie,c’est la contemplation (tafakkur).
8 — Rassemblement | Force Intérieure
Ce qui est vu au 7est rassemblé au 8.
Le 8 n’est pas une force exhibée vers l’extérieur.C’est le quartier général intérieur qui s’installe.
Désormais, l’être peut :
Poser des limites sans élever la voix
Porter sans être écrasé
Être fort sans devenir rigide
La véritable puissance commence ainsipar la guérison de soi.
9 — Lâcher-prise | Rida
Et un jour, une réalisation surgit :« Je n’ai plus à porter cela. »
Le 9 n’est pas un abandon.C’est un accomplissement.
Ici, l’être se retire doucement de :
Vouloir avoir raison
Vouloir expliquer
Vouloir retenir
Dans le soufisme,cet état s’appelle rida — l’acceptation.
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Quand les Mots se Taisent, l’État Commence à Parler
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On ne traverse pas ces portes une seule fois.Tout au long de la vie,on y entre, on en sort, on y revient.
Chez İnsan-ı Marifet,les nombres posent une seule question :
Dans quel état es-tu en ce moment ?
Et peut-être la question la plus profonde est-elle celle-ci :
Quelle prise doit être relâchéepour pouvoir traverser cet état ?
İnsan-ı Marifet ne suit pas le savoir, mais l’état.Car l’être humain ne se connaît qu’à travers ce qu’il vit.
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